martes, 16 de septiembre de 2008

Columna: L'OTAN face à un double défi, par Daniel Vernet

Siguiendo con el nuevo orden internacional, los dejo con esta columna de Daniel Vernet en el Journal Le Monde- 16-09-08-.

"Depuis la fin de la guerre froide, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) n'a guère cessé de s'interroger sur sa raison de persister dans l'être. Ayant perdu l'ennemi contre lequel elle avait été créée en 1949 - le bloc soviétique -, elle aurait très bien pu disparaître ou se fondre dans une institution paneuropéenne de sécurité. Les sceptiques de toujours dans son propre camp et les Russes poussaient dans ce sens.

Elle a survécu en oscillant entre sa nature militaire d'origine et un avatar essentiellement politique. Sous cette dernière forme, son objectif était triple : maintenir la présence américaine en Europe, contrairement à ce qui s'était passé après la première guerre mondiale, accueillir l'ensemble des démocraties européennes et garantir la sécurité sur le Vieux Continent, non plus contre mais avec la Russie. D'un point de vue militaire, en effet, l'idée que la Russie puisse constituer une menace pour ses voisins s'était évanouie dans les années 1990. Pour rester fidèle à sa vocation militaire, l'OTAN devait se trouver de nouvelles missions, maintien de la paix et/ou opérations "hors zone", c'est-à-dire au-delà de son champ d'action originel. D'où sa présence dans les Balkans et son engagement en Afghanistan.

La guerre contre les talibans et le conflit russo-géorgien la placent devant un double défi qui met en cause sa double nature militaire et politique. Les risques d'enlisement à Kaboul et l'humiliation infligée par les Russes à un allié privilégié de Washington dans le Caucase amènent à s'interroger sur la capacité de l'OTAN à le relever.

En Afghanistan, l'OTAN ne peut pas perdre la guerre mais elle subira un échec si elle ne la gagne pas. Or rien ne dit qu'elle soit en mesure de l'emporter malgré les renforts qu'elle va recevoir des Etats-Unis et de quelques alliés, comme la France. Le refus de certains pays d'envoyer leurs soldats dans les zones de combat, l'absence de coordination de l'action internationale et le flou d'une perspective politique globale s'ajoutent à la malédiction pesant sur les étrangers qui tentèrent de s'imposer dans ce pays.

En Géorgie, l'OTAN n'a pas subi d'affront militaire dans la mesure où elle n'était pas directement impliquée. Au printemps, au sommet atlantique de Bucarest, la France et l'Allemagne ont fait en sorte de refuser à Tbilissi le MAP (membership action plan) qui eût été un premier pas vers l'adhésion. Le président russe, Dmitri Medvedev, a d'ailleurs reconnu que le MAP n'aurait rien changé à la volonté de Moscou d'infliger une leçon aux Géorgiens. On peut même se demander si la décision russe aurait été différente pour le cas où la Géorgie aurait été membre de l'OTAN. Autrement dit, l'intégration dans l'OTAN protège-t-elle d'autres voisins de la Russie ? Le propre d'une dissuasion réussie est qu'il est impossible de répondre à ce genre de question. Si le président géorgien Mikheïl Saakachvili pensait que Moscou n'oserait pas l'attaquer ou que les Etats-Unis voleraient à son secours, il a commis une erreur tragique.

La guerre entre la Russie et la Géorgie a renforcé le dilemme des Occidentaux. Ou ils acceptent maintenant que la Géorgie se rapproche de l'OTAN, et ils prennent deux risques : celui de devoir la soutenir militairement face à son grand voisin du Nord et celui de souligner l'inanité de leur protection s'ils restent les bras croisés. Ou ils renvoient ce rapprochement aux calendes grecques, et ils donnent l'impression de céder aux pressions du Kremlin. On a porté un coup à l'OTAN en la privant d'ennemi, déclarait en substance un politologue soviétique après 1990. A contrario, il n'est pas sûr que la Russie lui ait rendu service en ressuscitant la figure de l'ennemi".

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