domingo, 25 de marzo de 2012

Columna de Raphaëlle Bacqué en "Le Monde": Un président doit-il être cultivé ?

Un jour qu'on lui demandait l'intérêt d'avoir fait venir, un an avant l'élection présidentielle de 2007, Henri Guaino pour écrire ses discours, Nicolas Sarkozy eut cette phrase : "Je suis un immigré sans diplôme. J'ai besoin qu'Henri m'apporte la France de Péguy et de Michelet." Jusque-là, Nicolas Sarkozy avait cru pouvoir en faire l'économie. "Un homme politique qui ne regarde pas la télé ne peut pas connaître les Français", professait-il. Incarner la "rupture", c'était aussi rompre avec "le catéchisme culturel" partagé, à ses yeux, par les seules élites. Il pressentait pourtant qu'il lui faudrait d'autres références.

Pour sa campagne électorale victorieuse, Henri Guaino lui offrit donc les mots. Ceux de Jaurès et de Camus. Trois ans plus tard, à l'Elysée, Nicolas Sarkozy plongea lui-même dans tout ce qu'il avait rejeté. Dévora Dostoïevski et le cinéma de Dreyer, lu La Chartreuse de Parme et Stefan Zweig. Mais on ne rattrape pas si vite une culture classique qu'on a longtemps fait mine d'ignorer. Et sans doute trouvera-t-on une part du malentendu, né dès les premiers mois de sa présidence, entre le chef de l'Etat et les Français dans cette langue parfois malmenée, dans cette ironie longtemps affichée envers les classiques et même dans cette forme de regret d'un homme découvrant avec enthousiasme, sur le tard, les grands romans de la littérature française et étrangère.

 
Est-il pourtant si nécessaire d'être cultivé pour diriger un pays ? Les Américains n'ont jamais autant que nous réclamé à leurs dirigeants d'être érudits, même si la plupart d'entre eux l'étaient. Et de quelle culture parle-t-on ? En France, la connaissance de l'histoire et de la géographie, les références littéraires sont restées des marqueurs plus puissants qu'ailleurs. Il est rare que l'on interroge un président sur sa maîtrise des langues étrangères, son savoir scientifique, son expérience au-delà des frontières, alors que la mondialisation, les défis écologiques, la crise économique mondiale devraient l'exiger.

Mais la littérature ! L'Histoire ! "Ne pas en être imprégné, pour un président, c'est un peu comme l'équipe de France ne chantant pas La Marseillaise, remarque l'écrivain Erik Orsenna, que François Mitterrand avait choisi pour écrire ses discours, à l'Elysée. Et sans doute Nicolas Sarkozy aurait-il moins choqué s'il avait affirmé qu'il n'est pas nécessaire, dans un concours administratif, de savoir que la Terre tourne autour du Soleil qu'en soutenant comme il l'a fait qu'il n'est pas déterminant d'avoir lu La Princesse de Clèves..."

Faut-il y voir seulement une nostalgie pour les présidents lettrés d'autrefois, lorsque les élites politiques françaises se confondaient avec les élites intellectuelles et littéraires ? "Sans doute, mais j'y vois aussi la conviction très française que nous avons une vocation universaliste à parler de culture aux autres civilisations, et que le président doit incarner cette conviction", avance l'ancien ministre de l'éducation Xavier Darcos, lui-même docteur ès lettres et président de l'Institut français. Il formule une autre hypothèse : "Nous sommes l'un des rares pays à avoir une politique culturelle d'Etat. Il n'y a pas de ministre de la culture aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne."

La France fut le pays des écrivains engagés. Les républiques furent celles des professeurs, des médecins humanistes, des journalistes ou des avocats. "Poincaré s'émerveillait de ce que Clemenceau connaissait aussi parfaitement le grec, rappelle l'historien Michel Winock, et dans l'entre-deux-guerres les dirigeants politiques ignoraient assez largement l'économie. La licence de sciences économiques n'existait d'ailleurs pas, mais on débattait avec passion à l'Assemblée de la nécessité ou non de supprimer le latin des épreuves du bachot."
Les présidents de la Ve République sont longtemps très largement restés de culture classique. De Gaulle s'affirmait comme un passionné d'Histoire autant que comme l'un de ses héros. Mais ses Mémoires sont aussi ceux d'un écrivain et il en désigna un autre, André Malraux, pour être son ministre de la culture. Georges Pompidou était un normalien, amoureux d'art contemporain et de poésie. Elle fut même parfois pour lui un outil politique. Lorsque, le 22 septembre 1969, on l'interrogea dans une conférence de presse sur un fait divers qui avait divisé la France, le suicide de Gabrielle Russier, professeure de 32 ans condamnée pour avoir eu une histoire d'amour avec un élève, il évita le piège des polémiques en se réfugiant derrière ces vers de Paul Eluard : "Comprenne qui voudra. Moi, mon remords, ce fut la victime raisonnable au regard d'enfant perdu, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés..."

Valéry Giscard d'Estaing possédait une culture plus scientifique, celle des polytechniciens, mais regrettait ouvertement de ne pas écrire comme Maupassant. Quant à François Mitterrand... "Il avait fait de l'Histoire, de la géographie et de la littérature l'une de ses clés de compréhension des peuples, rapporte encore Erik Orsenna. Je me souviens de l'avoir entendu évoquer la question yougoslave à travers la lecture du Pont sur la Drina, de l'écrivain croate Ivo Andric. Sur la Russie ? Voilà que surgissait Guerre et Paix. Et ces discussions inouïes qu'il a eues sur l'Allemagne avec l'écrivain Michel Tournier !"

Même Jacques Chirac, qui avait longtemps joué les incultes, comprit pour sa troisième tentative à l'élection présidentielle qu'avouer sa passion et afficher son érudition - réelle - pour les civilisations asiatiques (qu'il découvrit jeune en arpentant le Musée Guimet), notamment chinoise et japonaise, ne l'éloignerait aucunement de ce peuple français qu'il aspirait à gouverner. Et, du reste, les présidents, lors de leur mandat, ont souvent laissé un bâtiment en lien avec leur dada culturel : Beaubourg pour Pompidou, le Musée d'Orsay pour Giscard d'Estaing, la Bibliothèque nationale de France pour Mitterrand, le Musée du quai Branly pour Jacques Chirac.
 
Jacques Chirac lors de l'inauguration du musée des arts premiers, quai Branly, à Paris, le 20 juin 2006. | AFP/PATRICK KOVARIK

Nous voilà en 2012. La crise économique paraît avoir écrasé tous les autres débats. Sur la dizaine de candidats à l'élection présidentielle, seuls deux font de leur culture générale personnelle un argument de campagne, et ce sont les deux professeurs de lettres du groupe, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon. Le candidat centriste cite dans ses meetings des écrivains qui lui ressemblent, Edmond Rostand, l'auteur du Cyrano mal-aimé et plein de panache, et Ernst Wiechert, écrivain allemand chrétien de l'entre-deux-guerres, dont Les Enfants Jéromine (1945) est depuis toujours, dit-il, son livre de chevet. L'amour de la langue, l'Europe, le christianisme. Le héraut du Front de gauche, lui, lit le Victor Hugo des Misérables à ses supporteurs.

Jean-Marie Le Pen, homme cultivé, usait de la langue comme d'une arme et de la musique de Verdi pour accompagner ses entrées sur les tribunes. Sa fille, Marine Le Pen, paraît pour sa part avoir pour principal souci d'éviter toute référence à l'Histoire, sans doute parce que, dans sa volonté de "normaliser" le Front national, elle a voulu rompre avec les références dans lesquelles son père avait ancré le parti à la tête duquel elle lui a succédé : le nationalisme des années 1930, les guerres d'Indochine et d'Algérie.

François Hollande a un jour avoué qu'il "ne lit jamais de roman". Interrogé au Salon du livre sur sa lecture préférée, lui est aussitôt venu à l'esprit le choix de son turbulent allié du Front de gauche : Les Misérables, de Victor Hugo. Et s'il a pris soin de citer Albert Camus dans son discours du Bourget, c'est sur l'hommage de l'écrivain à ses professeurs. "Il n'aime pas beaucoup l'abondance de citations, parce qu'il a tendance à penser que cela donne un côté ronflant aux discours, nuance sa "plume", Aquilino Morelle, à la fois médecin et énarque. Mais la culture d'un homme permet d'affirmer sa pensée, et c'est un passionné d'Histoire."

Dans son livre-programme, Le Rêve français (éd. Privat), le candidat socialiste a ainsi pris soin de placer sa candidature dans le continuum de la grande histoire de la gauche républicaine : "Je propose de reprendre ce rêve français, celui qui a été ébauché par l'esprit des Lumières au XVIIIe siècle, celui qui a été dessiné par les révolutionnaires de 1789, ce rêve qui s'est affirmé dans la fondation de la République, qui s'est élargi et renouvelé avec la Résistance et au lendemain de la seconde guerre mondiale, ce rêve qui a pris une forme nouvelle avec la victoire de François Mitterrand en 1981."

Nicolas Sarkozy a omis pour sa part ces références à une famille de pensée. "En 2007, il avait affirmé son appartenance à la droite républicaine et j'avais trouvé cela intéressant, remarque l'historien Michel Winock, parce qu'avant lui les présidents de droite s'étaient bien plus réclamés du rassemblement gaulliste ou, comme Valéry Giscard d'Estaing, d'une tradition plus tocquevillienne. Mais Nicolas Sarkozy ne l'a pas explicité. La droite républicaine, dans l'Histoire, c'est Poincaré, et lui ne citait que Jaurès et Blum, jamais ce dernier..."

Plus récemment, on l'a dit, le président s'est mis à évoquer en public ses lectures et à convier à l'Elysée artistes et intellectuels. Comme s'il renonçait à n'avoir pour bagage que "la culture des gens", celle qui, paraissait-il croire, lui garantissait une proximité avec le peuple.

Déjà en janvier 2008, l'ancienne journaliste Catherine Pégard, devenue sa conseillère, tentait de le défendre dans Le Monde : "On le fait passer pour un butor qui n'aurait lu aucun livre, et ce d'autant plus facilement que sa prévention contre les cuistres lui fait forcer le trait en sens inverse. En le fréquentant, on s'aperçoit qu'il a lu beaucoup, que ses curiosités sont multiples, qu'il n'est pas seulement un enfant de la télé comme il se présente." La culture est-elle pour autant, aux yeux du président, autre chose qu'une arme politique ? Au printemps 2009, il a fait cette remarque en conseil des ministres : "On ne gagne pas avec les intellectuels, mais on ne gagne pas si on les a contre soi." Frédéric Martel, journaliste et chercheur, auteur d'un cinglant J'aime pas le sarkozysme culturel (Flammarion), n'y voit qu'une manoeuvre de communication : "Inviter les artistes et les intellectuels, c'est laisser croire qu'ils vous intéressent." C'est comme si le président, par posture, avait voulu rejoindre la cohorte de ses prédécesseurs qui s'affirmaient amis des arts.

Mais, au-delà, qu'est-ce que la culture d'un dirigeant apporte au maniement des hommes, à la direction d'un pays ou même d'une entreprise ? Tout. La littérature est un instrument inégalé de compréhension psychologique. Qu'est-ce qui ressemble plus aux courtisans de Louis XIV, brossés par Saint-Simon, s'exclamant "Sire, Marly !", éperdus de bonheur à l'idée d'être invités par le roi dans sa résidence campagnarde, que ces conseillers, ces ministres de François Mitterrand qui s'émerveillaient d'être conviés dans sa bergerie à Latche !

Comment comprendre l'Europe sans connaître ses guerres de religions, de territoires, ses rivalités économiques, sa démographie, ses mouvements de frontières et sa géographie ? Peut-on apprécier ce symbole si fort et si simple d'Helmut Kohl et François Mitterrand se tenant par la main sans avoir profondément intégré les soubresauts de l'histoire franco-allemande ? Jacques Chirac se serait-il battu contre l'intervention de la France en Irak s'il n'avait eu, comme le souligne celui qui fut son ministre de l'enseignement scolaire puis de la coopération, Xavier Darcos, "ce point de vue très polynucléaire sur la politique étrangère, ce tropisme Nord-Sud qui reposait en grande partie sur sa connaissance des arts premiers" ?

L'inculture historique empêche la contextualisation et la compréhension de la complexité. Mais la connaissance de l'Histoire peut parfois, à l'inverse, être un carcan, comme elle le fut pour Mitterrand, héritier de la guerre froide, qui crut, lors de la tentative de renversement de Gorbatchev par les communistes, que l'effondrement du régime soviétique ne pourrait pas avoir lieu. Elle reste cependant le grand moyen de ne pas succomber à l'excitation de l'instant. Et parfois une source de modération et de relativisation à manier avec doigté.

François Hollande a ainsi raconté sur France Culture ses premiers pas en politique, en 1983 et 1984. Il appartenait alors au cabinet de l'historien Max Gallo, alors porte-parole du gouvernement Mauroy. "J'étais son directeur de cabinet pendant cette période très chahutée où la gauche était contestée par les grandes manifestations de l'école privée, les confrontations politiques avec la droite, la rigueur qu'elle était obligée de concéder, les restructurations industrielles dans le nord et l'est de la France, explique-t-il. Nous étions toujours confrontés à des offensives, qu'elles viennent de la rue ou de la scène politique. Max Gallo était toujours capable de trouver une analogie avec une autre période, il nous permettait de comprendre ce que nous traversions en fonction de ce que l'Histoire nous avait déjà enseigné. C'est à la fois utile et cela conduit souvent à des conclusions que j'appellerais de relativisme : ça s'est déjà produit, il n'y a pas de surprise..."

Mais quoi de plus essentiel, pour un dirigeant, que d'échapper à la pression de l'événement ? C'est bien cela l'usage le plus abouti de la culture. "La culture était pour Mitterrand une manière d'avoir du temps, analyse Erik Orsenna. Les livres le protégeaient contre la montre..." Quelle meilleure manière de ménager sa réflexion, ce temps pour soi qui permet de penser une décision, que de se plonger dans la lecture de Marc Aurèle ou de Tite-Live, de penser les changements au regard de l'Histoire, de comprendre les peuples à travers leurs territoires ?

C'est sans doute là la plus grande difficulté des dirigeants actuels. "Il paraît bien plus difficile aujourd'hui d'être maître du temps et, dans la grande lutte des origines entre Chronos et Kairos, c'est bien ce dernier qui a gagné, souligne encore Xavier Darcos. L'époque de François Mitterrand semble aujourd'hui incroyablement lointaine, comme si Internet, la "googlisation" des informations avaient accéléré l'Histoire. Et pourtant... L'ordinateur à 100 dollars date de 2005, l'iPhone, de 2007. Mais ils ont révolutionné notre rapport au savoir et à la culture. Et transformé, de la même façon, le rôle des dirigeants."

Nos sociétés postmodernes paraissent avoir succombé au "présentisme", cette croyance qui ignore le passé et le futur. La politique, les batailles électorales sont devenues une succession d'instantanés incompatible avec une culture qui se nourrit au contraire de la durée. Avant tout, il faut réagir vite. Et c'est finalement là l'enjeu, au-delà même des politiques culturelles mises en place : réduire ce divorce entre le court et le long terme qui, aujourd'hui, a pris un tour si vif et empêche ceux qui dirigent l'Etat d'avoir une vision profonde et plus lointaine de la direction dans laquelle doit s'orienter le pays.

sábado, 24 de marzo de 2012

Bibliothèque Medicis sobre relaciones internaciones y el derecho internacional

En esta ocasión una gran emisión de Bibliothèque Medicis en la cual se discuten los más agudos problemas del derecho internacional como por ejemplo, las nociones de injerencia humanitaria, asistencia humanitaria y responsabilidad de proteger.

Elkabach invitó a Jean Baptiste Jeangene Vilmer quien escribió el delicioso texto " La guerre au nom de l'humanité" que ya tengo en mis manos, Gilles Kepel quien reeditó su magnífico " Le profet et le pharaon", Thierry de Montbrial quien presentó su nuevo libro " Journal de Russie", Sarah Daniel, reportera de guerra de Nouvel Observateur quien presentó su libro " "Guerres internes" y el general francés Jean- Louis Georgelin


Columna de Santiago Gamboa en El Espectador: " La Barrera cultural hispánica"

Hace poco, en una tertulia en el Instituto Cervantes de Roma, se volvió a debatir la idea de la lengua española y su crecimiento en el mundo, lo que podía interpretarse como un avance para la cultura hispana, siendo la única, hoy por hoy, en condiciones de enfrentar la avasalladora supremacía del inglés. Esta fue la tesis de partida, pero pronto comenzaron los matices.

Que crezca el número de personas que quieren hablar español como segunda o tercera lengua, ¿es realmente un síntoma de avance de la cultura en español? Es curioso. No hay duda de que quien conoce un idioma tarde o temprano podrá acabar leyendo un libro, viendo una película o interesándose por otros fenómenos culturales ligados a esa lengua. Pero es evidente que la cultura, a la hora de aprender un idioma o de elegirlo para los hijos, es un motivo que pierde fuerza, al menos la cultura entendida en términos ilustrados (la búsqueda de la excelencia). En su lugar hoy predominan motivos de otro tipo: las posibilidades comerciales, la extensión geográfica o demográfica, o incluso esa forma moderna de “cultura ligera” que es el entretenimiento (las antiguas secciones Cultura de los periódicos hoy se llaman Entretenimiento).

Pero si la vemos frente al inglés, la desproporción sigue siendo enorme. Incluso en las propias filas hispanas. El escritor peruano Fernando Iwasaki contó que en una reciente encuesta del diario español ABC entre 25 escritores (23 españoles y 2 latinoamericanos residentes en Barcelona), a quienes se les pidió citar 5 libros importantes del siglo XXI, sólo hubo 14 votos (de 125 posibles) para libros en español: 6 para Vargas Llosa, 6 para Bolaño, 1 para Vila-Matas y 1 para Javier Marías. Los restantes 111 fueron para autores ingleses, norteamericanos, sudafricanos, australianos o irlandeses.

Cabe preguntarse qué resultado arrojaría una encuesta similar entre 25 escritores ingleses o norteamericanos. Dudo que se mencione a algún autor de lengua española (puede que a Bolaño), pues a la mayoría la literatura en español le es completamente indiferente. En una ocasión Laura Restrepo le preguntó en público a varios autores ingleses qué conocían de literatura española. Estos se miraron algo turbados y, al final, respondieron todos lo mismo: García Márquez, Borges. Y hace poco, en Cartagena, Jonathan Franzen deambulaba por el hotel con su traductor, siempre solo y como protegido por un láser antipersona, sin el menor interés por saber quiénes eran o qué hacían esos extraños autores en lengua española que evolucionaban de aquí para allá en el decorado caribeño (del que, tal vez para él, formaban parte).

En Colombia, donde todos siguen las series de televisión de EE.UU., y, sobre todo, donde hablar inglés significa mucho más que saber otro idioma y se convierte en algo así como un sello de clase, una transfusión de sangre azul, los resultados serían muy parecidos a los de España. Lo que nos lleva a la conclusión de que, si bien hay algunos millones de chinos que ya pueden decir con fluidez “Yo me llamo Li”, y otros tantos indios o incluso ingleses rompiéndose la cabeza con la diferencia entre “ser” y “estar”, la verdad es que la cultura en lengua española avanza poco y debe renovar su prestigio, propagarse y promocionarse sobre todo al interior de sí misma.
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domingo, 18 de marzo de 2012

La France avec Denis Mazeaud en deuil à cause de la disparition du Recteur Fernando Hinestrosa

Un grand hommage de la France pour le recteur Fernando Hinestrosa. C'était un ambassadeur pour la France et la pensée française en Colombie.

Discurso del Presidente de la República Juan Manuel Santos en las exequias del maestro Fernando Hinestrosa

Columna de Abdón Espinosa Valderama el "El Tiempo" sobre el Maestro Hinestrosa: "Dechado liberal de juristas y virtudes"

Mucho se ha escrito en memoria de este dechado liberal de juristas y virtudes, Fernando Hinestrosa Forero. Pero el conocimiento que de él tuve no me permite limitarme al homenaje de un silencio emocionado sobre cuanto su existencia representó en fecundo magisterio, en creación y defensa de instituciones democráticas, en guarda vigilante de la libertad y demás valores por ellas consagrados. Obligado me siento a dejar testimonio de lo que su vida de servicio y probidad significó para Colombia y su Estado de Derecho.

De generación posterior a la mía, lo encontré por primera vez cuando ingresó como ministro de Justicia al gobierno del presidente Carlos Lleras Restrepo, en reemplazo de dos colosos de la magistratura, la docencia y la dialéctica, Hernán Salamanca y Darío Echandía, quien ya tenía, por entonces, la condición de expresidente de la República.

Por lo menos curiosidad había de la forma como el flamante funcionario habría de desempeñar su cargo, en particular en el manejo de las relaciones con el Congreso, donde sus antecesores solían persuadir al díscolo auditorio y reprender severamente a sus novicios interlocutores. Los antecedentes en el discreto profesorado universitario daban a Fernando autoridad intelectual y seguridad para moverse en complicados escenarios.

A poco de desempeñar su cargo, empezamos a comprobar sus dotes de inteligencia, ilustración y ponderación. Espontánea afinidad hallamos con sus pronunciamientos y actitudes. Llegamos a ufanarnos de ser los santanderistas del gabinete en una época en que se trataba de sustituir la legislación improvisada, desmañada y no pocas veces arbitraria del estado de sitio por la que se expidiera de conformidad con el régimen de leyes.

Su consolidación exigía revisión cuidadosa de las normas heredadas del período dictatorial y esmero en que las nuevas encajaran en la revivida armazón constitucional. Pero no era esta la única faceta en que se expresaba la personalidad jurídica y democrática del nuevo ministro. Era en su actitud, en las soluciones de intrincados problemas, en sus conceptos siempre juiciosos y ecuánimes.

De resto, tenía una posición política vertical e irreductible contra todo asomo liberticida. Víctima como fue el Externado de cierres y atropellos por la llamada Regeneración, estaba siempre alerta contra cualquier posibilidad de una barbaridad semejante. No transigió con ninguna tiranía, con ninguna restricción de la libertad de pensar y opinar, con ningún desmán. Suyos eran un civismo militante y un liberalismo equitativo y moderno. Con hondo pesar y vergüenza patriótica habría observado atónito, en las pantallas de televisión, la asonada contra las instalaciones y vehículos de TransMilenio. Él, que fuera concejal ejemplar de Bogotá.

Su principal y más perdurable obra fue, conforme se ha dicho, la de hacer de la crisálida de la Facultad de Derecho del Externado una de las grandes universidades de la América Latina. Conocí esa institución meritísima en ocasional visita cuando tenía su sede en una casa en la Terraza Pasteur, sobre la carrera séptima. La regentaba con magnanimidad y sapiencia el ilustre progenitor, magistrado Ricardo Hinestroza Daza.

Recorriendo los laberintos escalonados de la portentosa sede de hoy, en cuyo bello auditorio se velaron los restos de su rector, se sorprende y admira uno ante la magnitud de la empresa de cultura que alentó y construyó, con su alma nutricia. Allí quiso que se le hiciera, como a don Francisco Giner de los Ríos, "un duelo de labores y esperanzas". Así fue el homenaje conmovido de dolientes, profesores, estudiantes, amigos y admiradores, en solidaridad con su esposa, Consuelo, y sus hijos.

miércoles, 14 de marzo de 2012

Discurso de la Dra Emilssen González de Cancino en el sepelio de nuestro rector Fernando Hinestrosa

Los dejo con el discurso de despedida de la Doctora Emilssen González de Cancino sobre el papel que cumplió nuestro rector durante 48 años. El escrito es una pieza oratoria que hace muchos lustros no se veía en nuestro entorno.

sábado, 10 de marzo de 2012

Murió Fernando Hinestrosa Forero: Maestro, buen viento y buena mar

Fernando Hinestrosa
Hoy es un día triste. Murió nuestro rector y maestro de la Universidad Externado de Colombia Fernando Hinestrosa. De él, nos quedan muchas cosas: un talante, una postura frente a la vida, la moderación y la templanza tan inexistente en estos tiempos. Tuve el privilegio de aprovechar los últimos años del maestro. Subí en múltiples ocasiones a su oficina para discutir no solo pequeños asuntos administrativos, sino para discutir temas de historia del derecho que tanto le apasionaban, de derecho comparado o de literatura francesa de los años 30 o 40. Recibí el más bello homenaje de mi vida al ser designado por él, para tomar su lugar en un jurado doctoral en la Universidad de Paris II el año anterior. Gracias señor rector, le dije.  Gajes del oficio, respondió.

Mi esposa y yo fuimos grandes privilegiados por conocer un ser como Fernando Hinestrosa. Ella también gozó de esa amistad. Su muerte deja un gran vacío y nos compromete a seguir educando, escribiendo y pensando en un país que debe reconducirse a través de valores democraticos.

Paz en su tumba y nuestras condolencias profundas a su familia, encabezada por sus hijos y nietos.

Post tenebras spero lucem

jueves, 1 de marzo de 2012

Para mis estudiantes de Instituciones Políticas

El día de mañana viernes 2 de marzo la clase de 7 a 9 am será en el salón C-202. La lectura será sobre el texto de globalización de la CEPAL.